Art & Design

ENSA Dijon

Nos Ateliers de Recherche et de Création (ARC)

Entre réflexion théorique et production plastique, entre champs de l’art et du design, entre contribution personnelle et création intensément collective, les Ateliers de Recherche et de Création sont des entités pédagogiques, des espaces de réflexion et de travail, qui ont pour spécificité d’être obligatoirement transversaux, et dirigés par deux enseignants au moins pour garantir une pluralité de points de vue.

Chaque ARC propose un enseignement à la fois théorique et pratique, et fait appel à un grand nombre d’interlocuteurs extérieurs (chercheurs, experts, artistes, designers, etc.) qui sont conviés dans le cadre d’une conférence, d’un workshop, ou d’une journée d’étude ou colloque.

Les ARC ne se substituent ni au cours, ni aux entretiens individuels ou aux séances d’accrochage critique organisées avec les étudiants. Ils résultent d’une démarche transversale et transdisciplinaire, qui les inscrit entre recherche fondamentale et enseignements spécifiques, permettant l’émergence de la création, de l’innovation, et de leur Projet de Recherche Plastique.

Au travers de toutes les phases du processus de création, de la conception à la monstration finale, les étudiants s’impliquent en intervenant de manière autonome et en même temps interactive avec le groupe, avec pour objet la réalisation d’un projet d’envergure, sous l’autorité et les échanges critiques des enseignants, experts et autres artistes invités.

L’inscription à un ARC est obligatoire pour chaque étudiant dès son entrée en 2e année Art ou Design.

ARC 2017–2018 :

 

  • Nouveaux commanditaires et relations au vivant
  • Représentations de l’étranger, arts documentaires
  • Fuck patriarcat
  • Façon(s) de peindre
  • MUUR (MUtations URbaines)
  • Dualité Art et Science: de différentes natures
  • Transversalité « la pratique dessinée »
  • Territoires partagés
  • Art du son
  • De naturel indicielle

NOUVEAUX COMMANDITAIRES

Dirigé par Nathalie vidal, Pierre Tillet, Estelle Zhong et Martine Clouzot, historienne à l’université de Bourgogne.
Le jeudi de 14h à 18h
ARC associé à l’Unité de Recherche Art & Société

Cet Arc s’appuie sur le programme Nouveaux commanditaires mis en place à partir de 1991 par la Fondation de France. Le protocole des Nouveaux commanditaires part du principe que n’importe quel groupe de personnes de la société civile qui le désire peut faire appel à un médiateur et à un artiste pour l’aider à assumer la responsabilité d’une commande d’œuvre d’art. Cette commande doit répondre à un problème d’intérêt général formulé par le groupe de commanditaires grâce à l’aide du médiateur. Les Nouveaux commanditaires mettent ainsi le citoyen au centre de la production artistique et donnent un rôle nouveau à l’œuvre : celui de « concourir à l’invention de formes satisfaisantes à la construction d’une démocratie dont l’idéal est de permettre à tous de ne plus être le spectateur ou un laissé pour compte d’une histoire qui le dépasse mais d’en devenir, en tant que citoyen, un acteur à part entière » (François Hers, fondateur des Nouveaux commanditaires).

C’est la première fois depuis la naissance du protocole qu’une école d’art s’empare des Nouveaux commanditaires pour en faire un terrain d’expérimentation et de recherche au service d’une pédagogie de l’art innovante. La communauté de communes des Terres d’Auxois s’est rapprochée de l’Ensa Dijon pour réaliser un projet de réaménagement de la ferme du Hameau à Bierre-lès-Semur dans le cadre de l’action des Nouveaux Commanditaires. L’Ensa Dijon se situe ainsi à l’interface de tous les acteurs du projet : commanditaires, médiateur et artiste.

Pour cette année universitaire, les étudiants envisageront le projet de réaménagement de la Ferme du Hameau en résonnance avec les problématiques environnementales et leurs sensibilités plastiques. L’élaboration du projet sera menée en concertation avec les usagers de ce territoire pour un espace destiné à la création, un lieu d’expérimentation et de réinvention. La présence d’un lieu pour l’Ensa Dijon dans ce milieu rural est une formidable opportunité pour créer un espace collectif qui deviendra un instrument de médiation, de dialogue et impulsera un travail collaboratif.

Un grand nombre d’étudiants place le vivant au centre de leur préoccupation. L’Arc fait écho à cette prise de conscience économique, politique, sociétale et écologique. Il est un lieu de questionnement et d’exploration des méthodologies de recherche fondées sur la pratique plastique et la production d’œuvres. Si l’art est perçu comme un levier de développement des territoires ruraux, le milieu rural est également appréhendé comme un espace d’innovation où il est possible d’enrichir nos relations à la nature, d’expérimenter de nouvelles formes et de confronter l’artiste à des réalités et des modes de production différents, éloignées du modèle du white cube.

REPRÉSENTATION DE L’ÉTRANGER, ARTS DOCUMENTAIRES

Dirigé par Philippe Bazin & Claire Angelini, artiste, chercheure, associée.
Le mardi de 14h à 18h.
ARC associé à l’Unité de Recherche Art & Société

Cet ARC a pour objectif une sensibilisation des étudiants à la question des arts documentaires, arts qui entendent porter une critique constructive sur les dispositifs de travail et sur le monde dans lequel nous vivons.

Le cadre général de la proposition de travail s’inscrit dans une double recherche posant deux questions qui nous paraissent conjointes :

•    Quelle est notre actualité, au sens où, au-delà des agitations médiatiques, nous souhaitons que les étudiants interrogent ce qui fait fond pour eux dans le monde actuel et qui les motive à produire une recherche en création.

•    Dans quelle perspective cette actualité peut-elle être interrogée, et nous proposons comme arrière-plan un peu plus théorique l’idée d’« écosophie de l’art » comprise comme « Le souci de recomposer une terre humainement habitable » (Félix Guattari).

Ces objectifs intégreront donc différents projets de travail proposés aux étudiants, projets qui pourront être accompagnés sur une à deux années universitaires, voire plus si nécessaires. C’est une attitude exploratoire, heuristique, que nous engagerons avec eux, étant entendu que l’ARC n’est pas un cours de plus mais convoque des savoirs et des expériences qui peuvent se situer parfois au-delà de ceux des enseignants et des étudiants. Les formes plastiques ne sont pas déterminées à l’avance, toutes celles qui sont enseignées à l’école d’art sont disponibles, et au-delà. C’est d’un apprentissage commun qu’il s’agit, collectif et collégial, qui doit pouvoir à terme constituer pour l’étudiant l’engagement dans une initiation à la recherche.

Après deux ans de travail autour de la ruralité comme espace marginal et alternatif à la vie urbaine et rurbaine, l’ARC  évolue autour de la question des relations entre ruralité et émigration. Sous le titre Représentations de l’étranger, arts documentaires, l ‘ARC s’adosse au projet de recherche entamé avec l’artiste Claire Angelini (Figures de l’étranger dans le Morvan)

FUCK PATRIARCAT

Dirigé par Sammy Engramer, Marlène Gossmann, Isabelle Le Bastard et Vanessa Desclaux
Le mardi de 14h à 18h
ARC associé à l’Unité de Recherche Art & Société

Les incarnations et les devenirs individuels ont toujours été en prise directe avec des questions de domination, de dressage et de formes de normalisation, parfois légitimées au nom de la sécurité. Aujourd’hui, ces régimes instruisent, forgent et renforcent « les sociétés patriarcales » tant d’un point de vue économique, social, politique, sexuel, familial qu’identitaire. Le patriarcat se définit de façon profonde et hégémonique autour de croyances et de dispositifs ayant comme relais principaux les religions, la morale, le capitalisme, les formes de gouvernement — à la fois libérales et autoritaires — ; ainsi que les effets du colonialisme (et du post-colonialisme) ; ou s’appuyant sur des dialectiques d’opposition (bourgeois/peuple, homme/femme, riche/pauvre, hétérosexuel/homosexuel, actif/passif, sujet/objet) ; le tout s’articulant autour de la reproduction sociale (sociologie/Bourdieu), la compulsion de répétition (psychanalyse/Freud), la limitation des usages (des objets, du langage) et l’assujettissement (biopolitique/Foucault).
L’ARC à pour but d’engager une approche pluridisciplinaire au croisement des pratiques artistiques, des pratiques de recherche et des pratiques militantes.
En 2017-2018, les étudiant.e.s travailleront collectivement à donner forme à une revue permettant de rendre visible différentes formes de contributions plastiques et théoriques, individuelles ou collectives.

FAÇON(S) DE PEINDRE

Dirigé par Alain Bourgeois, Anne Brégeaut, Gerald Petit, Bruno Rousselot & Lionel Thenadey.
Le mardi de 14h à 18h (toutes semaines).
Le jeudi de 14h à 18h (semaines paires).
ARC associé à l’Axe de recherche Peinture & Couleur

L’Arc Façon(s) de peindre regroupe les peintres de l’école, plus un vidéaste, qui revendiquent au travers de leurs pratiques très diverses, chacun une « façon de peindre ».

L’idée est d’inviter les étudiants engagés dans un projet de peinture au sens large, à découvrir, expérimenter, et développer leur propre singularité.

Atelier peinture

Ce lieu de pratique de la peinture au sein de l’Ensa Dijon est avant tout un lieu de production, d’échanges et de rencontres autour des pratiques picturales actuelles. Cet atelier est animé par un groupe d’enseignants toute la semaine.

Arc Façon(s) de peindre

Il se propose d’être un lieu ressource et s’ouvre ainsi à toutes les problématiques picturales : les matériaux de la peinture et leur dimensions historiques, les supports, etc.

Les enseignants mettront en place des cours théoriques abordant d’un coté les problématiques de couleur et de perception, et de l’autre une approche des œuvres historiques et actuelles.

Cet enseignement de la peinture s’organisera également autour d’invitation d’artistes sous la forme de conférences, interventions, journées d’étude, workshops et de voyages.

Chacun des intervenants proposera ses propres champs d’expérimentations.

  • Alain Bourgeois : la question de l’héritage, les relations de l’objet tableau à l’architecture
  • Anne Brégeaut : la question de la narration dans la peinture
  • Gerald Petit : en cours de définition
  • Bruno Rousselot : la question du tableau
  • Lionel Thenadey : du low tech au numérique

Différentes interventions seront ponctuellement organisées :

  • Analyse d’une œuvre (bibliothèque)
  • Invitation d’un artiste autour d’une de ses œuvres
  • Présentation des mouvements de peinture (histoire de la peinture avec quelques fois un invité historien)
  • Après-midi techniques. Les techniques de la peinture et leur histoire.
  • Le projet artistique et la professionnalisation.

MUUR (MUtations URbaines)

Dirigé par Laurent Matras & Jean-Pierre Tixier.
Le mercredi de 14h à 18h.
ARC associé à l’axe de recherche Mutations urbaines

Nous évoluons dans un monde qui bouge et qui change très rapidement.

La revue trimestrielle We Demain révèle quelles sont les initiatives technologiques, économiques, énergétiques, médicales, environnementales, alimentaires, artistiques, qui changent le monde et remettent chaque jour un peu plus l’individu au cœur du système dans une nouvelle économie de partage.

Dans la veine des multiples initiatives présentées dans la revue We Demain, l’Arc MUUR, atelier de recherche sur les MUtations URbaines, propose d’imaginer de nouvelles pratiques, nouvelles propositions, nouveaux projets, nouvelles utopies dédiées à l’espace public.

La ville évolue vers la ville durable, la ville sociale. Ces changements questionnent de façon vive et active les réflexions/actions sur l’espace public, l’habitat, les échanges, les déplacements…

A partir d’un corpus théorique et d’expérimentations que nous rassemblerons, nous nous attacherons à comprendre, intuiter, expérimenter de nouvelles formes, de nouvelles attitudes, de nouvelles typologies.

Expérimentations prospectives, installations, projections, provocations.

Travail in situ avec des partenaires (Grand Dijon, associations de quartier, entreprises).

DUALITÉ ART SCIENCE

Dirigé par Laurent Karst et Philippe Mailhes et Pascale Séquer.
Le mardi de 14h à 18h.
ARC associé à l’axe de recherche Mutations urbaines

L’Arc Dualité art et science englobe différentes formes, pratiques et acceptations et c’est ce qui en fait sa richesse. La dualité art-science se fonde sur des méthodes, un savoir, une instrumentation commune qui peuvent se concrétiser à travers différentes démarches.

A travers l’Arc Art et Science, nous proposons aux étudiants des sections art et design des territoires de recherches qui pourront être complémentaires : une recherche de type laboratoire et une recherche à partir des collections de la faculté de sciences.

Le travail de Laboratoire

Au travers de réflexions et de recherches qui s’appuient sur des protocoles et des problématiques issues du domaine des sciences, le travail de laboratoire se propose d’explorer la possibilité de la construction d’une intention artistique autre que celle issue des formes traditionnelles.

A partir des modes d’analyse et les outils qu’elles déploient, les sciences servent autant de référence que d’appui technique et technologique.

Les échanges mis en place avec l’Ecole Polytechnique et la participation régulière de Jean-Marc Chomaz, chercheur et artiste, favorisent également « l’appropriation » de certains modes de pensée propres aux sciences.

Les « matériaux » convoqués, que sont les fluides, la lumière, le son, permettent aux étudiants d’en observer, par exemple des « phénomènes »» de transformations qui sont à même, au travers de leurs manifestations, d’être la base de leurs constructions plastiques.

Cette transformation en médiums, mise en œuvre par les étudiants, se développent, dans un premier temps, au travers d’essais et de manipulations simples autour de la question de l’eau, de la brume, du mouvement, de l’écoulement et de la lumière.

Différents dispositifs sensibles sont testés, et certaines des propositions issues de ces réflexions et manipulations pourront être développées en objets, en installations dont certaines seront dédiées à l’espace public.

L’Arc Dualité art et science dispose d’un lieu de travail qui lui est spécifique. Un atelier résident, installé comme un laboratoire, ou les dispositifs d’expérimentation sont mis en place, testés, modifiés jusqu’à converger vers une proposition concrète.

Les projets pourront non seulement être réalisés dans les ateliers de l’Ensa Dijon, mais aussi à l’Ecole Polytechnique avec l’appui de chercheurs, d’intervenants extérieurs et d’élèves doctorants en science sous forme de séminaires ou de résidences.

Une sélection des travaux des étudiants est présentée chaque année au Salon des Réalités Nouvelles à Paris au mois de novembre.

 

« De différentes natures », un regard sur les collections

Ce travail de recherche s’appuie sur la base des collections de la Faculté des Sciences et Techniques, mises à disposition par Marie-Laure Baudement, Conservateur en chef du Patrimoine.

Collections qui attendent un regard, une lecture, une interprétation, une prise de parole pour prendre vie. Que pouvons-nous en dire, nous qui ne les abordons pas sous l’angle scientifique de l’usage ? Elles qui sont le reflet d’une volonté de compréhension et de maîtrise du monde, par le biais de son analyse, de sa représentation, de l’établissement d’une classification.

Un abrégé du monde, lieu de mémoires.

Notre enjeu : donner une forme plastique à la « lecture » que chacun de nous pourra en faire.

Quelles langues parlent les collections?

Sommes- nous à même de les comprendre ?

Avons- nous besoin d’interprètes ?

Qu’entendons- nous ?

Que venons-nous y chercher ?

De quels outils avons-nous besoin ?

De quel territoire sont-elles une représentation ?

Krzysztof Pomian, en dehors de toute considération liée à la situation actuelle de l’art contemporain, définit la collection comme « tout ensemble d’objets naturels ou artificiels, maintenus temporairement ou définitivement hors du circuit d’activités économiques, soumis à une protection spéciale dans un lieu clos aménagé à cet effet et exposé au regard« . Ces objets perdent de leur utilité ou de leur valeur d’échange pour devenir « sémiophores », porteurs de sens.

 

TRANSVERSALITÉ « LA PRATIQUE DESSINÉE »

Dirigé par Carlos Castillo, Pierre Guislain , Ursula Hurson & Pierre Tillet
Le mardi de 14h à18h

Cet Arc vise à développer la pratique plastique au sens le plus large possible en matière des territoires du dessin, en intégrant des problématiques propres à l’artiste dans les phases de création.

Des séances de travail hebdomadaires, sous forme de laboratoire de recherches et de production, permettront à l’étudiant de s’impliquer et de produire pleinement, en expérimentant le dessin sous toutes les formes imaginables. Le dessin de projet prendra une part importante, afin de concrétiser des dessins liées à des propositions individuelles, ou collectives, sans négliger – bien entendu – la part importante du dessin autonome, du dessin hors papier, le tracé comme acte performatif, le dessin et l’écriture comme moyen d’un processus dynamique, les carnets de recherches, le dessin sous différents formats, sans oublier le dessin lié à l’abstraction, à la géométrie, à la figuration, etc.

Cet atelier de recherche et de création permettra aux étudiants d’articuler les recherches en dessins avec le travail personnel, tant du point de vue pratique, théorique que technique, avec une mise en perspective avec la scène d’artistes modernes et contemporains. Des séances de travail avec diaporama, en interne sur des thématiques proposées par chacun des enseignants dirigeant cet Arc, apporteront des informations importantes au travail en cours, mais également par la richesse des intervenants prévus, des artistes et des théoriciens qui viendront en conférence, workshop, prêter main forte au travail du groupe et aux projets singuliers en cours de développement.

TERRITOIRES PARTAGÉS

Dirigé par Germain Huby & Hélène Robert.
Le jeudi de 14h à 18h.

Depuis le 22 mai 2017, La Poste propose sur tout le territoire, moyennant finance, un nouveau service baptisé « Veiller sur mes parents ». Grâce à des visites régulières du facteur, ce service entend éviter l’isolement et contribuer ainsi à la vie sociale des personnes âgées. Une visite du facteur par semaine pour prendre un café coûte donc 19,90 euros par mois, deux visites 29,90 euros, etc.

Ce nouvel exemple de marchandisation du lien social montre combien notre société fait du rapport à l’autre une forme de profit, une forme monétisée, rentabilisée et managée à outrance. Cette déshumanisation de nos besoins de communiquer, d’interagir et de partager nos singularités marque un profond désintérêt pour l’individu, ce qui est important ce n’est pas ce que nous avons à dire mais que nous soyons prêts à payer pour le dire.

Or, comme le rappelait le psychiatre et psychanalyste français Jean Oury : « Être au plus proche, ce n’est pas toucher : la plus grande proximité est d’assumer et d’accueillir le lointain de l’autre » et pratiquer en permanence « des greffes d’ouvert »[1].

L’Arc Territoires partagés propose aux étudiants artistes/designers d’accueillir ce lointain de l’autre et de travailler avec, en acceptant une certaine logique du vague[2], en considérant l’autre sans a priori, sans le catégoriser et en acceptant que, d’une rencontre, rien ne se passe. Moyennant quoi pourra surgir quelque chose.

Dans une approche heuristique, c’est une invitation à l’invention qui est faite. Elle mettra l’Autre au cœur du processus de création, par l’implication, la collaboration, la participation et le partage.

Différents champs pourront être investis : le travail, la famille, les loisirs, l’enfance, la santé, la religion, la politique, la migration, l’environnement, l’habitat, le voyage, l’amour, les conflits…

Une création scénique collective et performée — convoquant les images, les sons, l’installation, l’objet, la figure du narrateur, du comédien, du danseur… — sera l’aboutissement de cette expérience commune.

L’idée est née d’une rencontre entre deux enseignements, l’un tourné vers l’image en mouvement, l’autre vers la scénographie[3].

Le premier semestre sera consacré à de larges recherches et aux expérimentations plastiques. De ces approches croisées, les étudiants se fédèreront au second semestre pour représenter leurs projets sur l’espace de la scène.

Le cadre ainsi posé, les étudiants feront converger leurs regards pour construire et représenter cette création scénique collective.

[1] Nécessité de modifier constamment une structure, un système, une pensée, pour qu’il y ait de l’ouvert.

[2] Michel Balat, psychanalyste et sémioticien.

[3] Architecture de l’imaginaire vouée à révéler le vivant, la scénographie génère une poésie des lieux, des matériaux et de la lumière…. Elle donne à voir, construisant un espace pour le temps d’un regard et d’une écoute.

François, Guy Claude, Construire pour le temps d’un regard – extrait, texte de Daniel Pauly et Marcel Freydefont. Coédition Musée des Beaux-arts de Nantes. 2009

ART DU SON

Dirigé par Jean-Christophe Desnoux et Nicolas Thirion, artiste associé, directeur artistique de Why Note
Le jeudi de 14h à 18h (semaine paire)

Quand on dit art du son, on utilise un terme un peu fourre-tout qui englobe les musiques électroniques « qui ne se dansent pas », les bricolages sonores acoustiques ou électriques, les performances qui jouent avec les espaces, les installations sonores… en fait, tout ce qui sort des formats consacrés rock, pop, jazz ou électro. Mais les arts du son peuvent aussi représenter, plus qu’un genre bien spécifique, une attitude, un rapport aux sons, un faisceau de pratiques, aussi bien apparentés aux musiques contemporaines qu’aux mondes de la performance et des arts plastiques.

Pour des compositeurs comme John Cage dès les années 50, et plus tard Alvin Lucier, James Tenney ou La Monte Young, il s’agissait de proposer à la fois pour les interprètes et pour l’auditeur de véritables expériences d’écoute, jouant avec les paramètres même du son : distorsion du temps, déploiement des sons dans l’espace acoustique, jeu avec les dynamiques, du quasi inaudible jusqu’au très très fort…Pour les créateurs sonores d’aujourd’hui, il s’agit de repenser nos rapports à l’écoute, aux codes du concert et du spectacle, aux genres musicaux.

Jean-Christophe Desnoux et Nicolas Thirion proposent une série de rencontres, conférences et workshops à la découverte des esthétiques et pratiques des arts du son, à destination des étudiants de l’Ensa Dijon, musiciens instrumentistes ou électroniques ou non-musiciens.  

Ils mettront notamment à disposition des étudiants un instrumentarium singulier – mini-synthés, planches à clous, microcontacts, consoles de mixage, mise en feedback, magnétos K7 etc. – et les inviteront à inventer collectivement leur propre vision et interprétation d’œuvres emblématiques des musiques expérimentales – partitions-textes ou notations graphiques.

DE NATURE INDICIELLE

Dirigé par Luc Adami, Pierre Guislain, Pascale Séquer.
Le jeudi de 14h à 18h.

L’Arc De nature indicielle est reconduit depuis cinq ans en développant la recherche en liaison avec le milieu professionnel du cinéma et de l’audiovisuel.

… « Dans le récit filmique, l’organisation temporelle de la narration repose majoritairement sur le montage » …

L’idée est de construire un récit en articulant les temporalités de l’image fixe (la photographie) et de l’image en mouvement cinéma/vidéo, de rechercher des contaminations, perturbations, influences exercées par des genres cinématographiques : le fantastique, la science-fiction, en privilégiant une organisation spatiale (accrochage) plutôt qu’une organisation temporelle.

En accentuant le travail cette année sur le personnage principal.

A la base du travail, un regard en commun sur un choix de films orientera la problématique de l’année et la discussion de quelques notions théoriques sur la mise en scène au cinéma.

ENTRETIEN(S) DE JARDIN

Poursuivre les expériences et réflexions menées à partir et autour du jardin de l’école, transformé en verger conservatoire, dans le cadre de l’ARC Cultures alimentaires et Ecologie urbaine (animé par Nathalie Vidal et Martine Le Gac).

Enseignantes : Nathalie Vidal, Martine Le Gac.
Le jeudi de 14h-18h une à deux fois par mois + quelques vendredi matin.
>>> Ces rencontres sont facultatives et ne permettent pas l’obtention de crédits ECTS.

 

MONDES RURAUX CONTEMPORAINS, RAPPORTS À LA NATURE ET À L’ENVIRONNEMENT

Enseignants: Robert Milin, Didier Marcel
Le mardi de 14h à18h, semaine impaire.
Ce module est une option. Il permet l’obtention de crédits ECTS pour les étudiants l’ayant choisie.

Ce travail sera axé sur la question des mondes ruraux contemporains, en continuation du thème de la ruralité exploré depuis deux années dans le cadre de l’ARC Arts documentaires.
Le programme 2017-2018 avec les nouveaux inscrits et les étudiants déjà présents, certains depuis 2 ans consistera à aller très fréquemment sur le terrain, à deux égards:

  • Pour un temps long  dans le village de Baulme-la Roche afin de rencontrer ses habitants diversifiés: agriculteurs, maire, retraités kinésithérapeutes, châtelaine, etc.

À partir du principe d’une rencontre approfondie de chaque étudiant avc un habitant (ou famille) différent(e) pour réaliser ensuite un travail qui sera montré in situ (un travail par étudiant, en fin d’année, dans chaque maison ou logement concerné d’habitant);

  • Pour des temps courts/ des marches dans le paysage avec l’artiste Jérôme Giller et des actions à mener en compagnie de l’artiste-jardinier Gilles Clément. Une édition concluant le travail dans trois années est également en projet.